20.03.2007

NICOLAS SARKOZY : LA PANNE ?

Enregistré dans : Analyses sur www.election-presidentielle.fr par Yves-Marie Cann le 19 mars 2007

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A force de prendre François Bayrou pour objet d’étude et d’analyse, on en finirait presque par oublier le premier des candidats : Nicolas Sarkozy. Or s’il est une tendance rarement voire jamais analysée, c’est la progressive et continue détérioration du socle électoral dont est crédité le candidat soutenu par l’UMP dans les enquêtes d’intentions de vote.

Le dernier sondage Ifop pour le Journal du Dimanche réalisé après la clôture de la période de dépôt des parrainages au Conseil Constitutionnel apporte un éclairage précieux.
Que constate-t-on ? Avec 26% d’intentions de vote en sa faveur, Nicolas Sarkozy se maintient en première position et devance toujours Ségolène Royal (24%, +1 point) et François Bayrou (22,5% -0,5%).

Toutefois, on ne répétera jamais assez que le principal intérêt des enquêtes d’intentions de vote repose avant tout sur l’analyse qu’elles permettent sur le long terme. Or il s’avère que depuis le congrès de l’UMP organisé le 14 janvier Porte de Versailles à Paris, le socle électoral de Nicolas Sarkozy s’est effrité de 7 points, celui de Ségolène Royal de 4 points. Parallèlement François Bayrou en gagnait plus de 10 et Jean-Marie Le Pen 4. A qui, à quoi attribuer cette panne dont personne ne parle ?

Regardons les chiffres. La baisse des intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy se vérifie au sein de toutes les catégories d’électeurs mais touche plus particulièrement les femmes (26% d’intentions de vote dans la dernière enquête Ifop, soit -10 points depuis le 15 janvier), les cadres (28%, -9 points), les ouvriers (20%, -11 points) et les personnes âgées de 35 à 49 ans (20%, -11 points). En outre, signe de la capacité de François Bayrou à capter une proportion significative de l’électorat potentiel de Nicolas Sarkozy, ce dernier ne receuille plus que 21% d’intentions de vote dans les communes rurales contre 43% le 15 janvier. Parallèlement, François Bayrou y progresse fortement : 23% des ruraux voteraient pour lui contre 10% en janvier.

A ce stade de la campagne électorale, trois éléments permettent d’expliquer cet affaiblissement de l’assise électorale de Nicolas Sarkozy : sa stratégie de campagne sans véritable ligne directrice, la dynamique inattendue en faveur de François Bayrou, la fin du suspense concernant la présence de Jean-Marie Le Pen au premier tour.

- La stratégie du candidat : draguant d’abord à gauche, faisant quasiement l’impasse sur le premier tour, Nicolas Sarkozy s’est rapidement retrouvé dans l’incapacité de rassembler efficacement son camp. Aujourd’hui contraint de réinvestir des thématiques chères aux électeurs de Jean-Marie Le Pen, il abandonne le centre-droit à François Bayrou qui ne pâtit alors que très faiblement de la remontée de Ségolène Royal.

- La dynamique Bayrou : c’est la surprise de cette campagne électorale. D’abord favorisé par la perte de crédibilité de Ségolène Royal sur sa capacité à présider la France, le candidat centriste profite aujourd’hui du coup de barre à droite de Nicolas Sarkozy qui n’est pas sans inquiéter jusque dans les rangs de l’UMP. Le 15 janvier, 82% des sympathisants UMP exprimaient leur intention de voter pour Nicolas Sarkozy dès le premier tour, il sont aujourd’hui sensiblement moins nombreux (74%), une fraction non négligeable (15%) aparaissant tentée par un vote Bayrou voire Le Pen (8%).

- La levée de l’incertitude Le Pen : tout se passe comme si la présence confirmée de Jean-Marie Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle se faisait au détriment de Nicolas Sarkozy. En janvier, 34% des électeurs ayant voté pour Jean-Marie Le Pen le 21 avril 2002 apportaient leur suffrage à Nicolas Sarkozy, ils ne sont plus “que” 21%… .

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